La colère des Grecs se traduit par un vote émietté

Athènes, le siège du parlement grec
Photo : AFP / LOUISA GOULIAMAKI
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
En Grèce, le résultat des élections législatives reflète le mécontentement des électeurs à l'égard de la cure d'austérité imposée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).
Les deux partis unis dans une coalition gouvernementale depuis la fin 2011, les socialistes du Pasok et Nouvelle démocratie, ont subi des pertes majeures, le premier emportant moins de 14 % des suffrages et le second près de 20 %, selon des sondages à la sortie des urnes.
Près de dix millions d'électeurs inscrits étaient appelés aux urnes pour renouveler les 300 sièges du Parlement.
Or, Pasok et Nouvelle Démocratie (droite), qui se sont succédé au pouvoir depuis la fin de la dictature en 1974, n'obtiendraient respectivement que 41 et 108 sièges (une prime de 50 sièges est réservée au parti arrivé en tête).
De leur côté, la Coalition de la gauche radicale raflerait 51 sièges et l'extrême droite Aube dorée, avec 7 % des voix, une vingtaine.
C'est d'ailleurs l'affaiblissement des principaux partis, avec la crise, qui a favorisé un émiettement du paysage politique et la création de nombreuses petites formations opposées aux mesures d'austérité défendues par la coalition sortante.
D'après les sondages, une dizaine de partis, un nombre sans précédent, devraient franchir le seuil des 3 % requis pour entrer au Parlement, comme Aube dorée.
Ces résultats ravivent par ailleurs les inquiétudes concernant l'avenir de la Grèce dans la zone euro. Lire notre article.
Le chef de Pasok, Evangelos Venizelos, a demandé dimanche soir la formation d'un gouvernement regroupant toutes les formations politiques qui appuient le plan de renflouement de l'économie grecque.
Le chef de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, lui a fait écho en invitant les formations politiques proeuropéennes à le rejoindre.
La Grèce s'appuie depuis mai 2010 sur deux plans de sauvetage pluriannuels de plusieurs centaines de milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) qui lui ont évité la faillite.
Mais Athènes a dû prendre en contrepartie des mesures d'austérité qui ont plombé l'économie du pays, entré dans sa cinquième année de récession, et fait augmenter le chômage à 21,8 % de la population active.
Inquiétudes des marchés
Les marchés boursiers européens reculaient lundi matin, plombés par la poussée des partis extrémistes en Grèce et la victoire de François Hollande à la présidentielle française. À la fermeture des marchés en Europe, lundi, la Bourse d'Athènes chutait toutefois de de 6,7 %.
Le futur gouvernement va devoir présenter dès le mois de juin plus de 11 milliards d'euros d'économies supplémentaires pour 2013 et 2014 et les faire adopter par le Parlement.
Le PASOK avait remporté les dernières législatives en 2009 avec plus de 43 % des suffrages.

Des électeurs grecs se rendent voter, à Athènes, dimanche.
Photo : AFP / ANGELOS TZORTZINIS
Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press et Reuters