Bell craint l’arrivée possible de Verizon

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Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
L'entreprise de télécommunication Bell estime qu'Ottawa a « laissé par mégarde certaines failles » dans la réglementation des services sans fil, ce qui permettrait à des géants américains de s'installer au pays en profitant « d'avantages qui étaient destinés à l'origine aux nouvelles entreprises canadiennes ».
Dans une publicité, publiée sous forme de lettre ouverte dans plusieurs quotidiens canadiens jeudi, son PDG, George Cope, s'en prend surtout à l'arrivée probable de l'entreprise américaine Verizon au Canada. Il mentionne que le géant américain a quatre fois la taille de l'industrie canadienne du sans-fil et qu'il n'a « pas besoin d'un soutien financier de la part des Canadiens ». Bell (TSX:BCE (nouvelle fenêtre)) presse le fédéral de changer sa réglementation.
Selon certaines sources, Verizon aurait fait une offre de 700 millions de dollars pour acheter Wind Mobile et aurait entrepris des discussions avec Mobilicity, un autre petit fournisseur canadien. Ottawa a déjà bloqué, en juin, l'achat de Mobilicity par Telus. Dans sa publicité, Bell dénonce notamment le fait que Verizon pourrait acheter de plus petites entreprises de sans-fil, mais que les grands joueurs canadiens ne peuvent pas.
Plus tôt cette année, le gouvernement canadien a assoupli les règles pour que des compagnies étrangères puissent faire l'acquisition de petites entreprises qui ont moins de 10 % du marché.
L'entrée de Verizon sur le marché canadien représenterait un changement majeur dans un secteur actuellement contrôlé par trois joueurs : Bell, Rogers et Telus. La compagnie américaine possède un vaste réseau, une présence sur l'échiquier international et sa marque est déjà connue au pays. L'arrivée de Verizon permettrait à Ottawa d'atteindre son objectif d'avoir au moins quatre joueurs établis dans chaque marché régional pour accroître la concurrence.
Mercredi, le président de Rogers, Nadir Mohamed, a aussi déploré le contexte dans l'arrivée probable de Verizon sur le marché canadien, précisant que les géants américains de la téléphonie mobile ne devraient pas être autorisés à acheter des sociétés de sans-fil canadiennes au rabais alors que cela est interdit pour les grandes entreprises canadiennes de télécommunication.
Réseaux et fréquences
Selon Bell, Verizon pourrait utiliser les réseaux des trois grands joueurs canadiens sans avoir à investir ni à construire ses propres infrastructures, notamment dans les régions éloignées.
Les nouvelles règles fédérales lui permettraient également d'acheter deux fois plus de fréquences lors des prochaines enchères de spectre sans fil du gouvernement fédéral. Bell estime que les trois grands joueurs canadiens sont ainsi désavantagés et que le gouvernement pourrait percevoir encore plus de revenus. L'entreprise demande à Ottawa de revenir sur sa décision et de permettre aux entreprises déjà établies d'acheter autant d'ondes que les petits fournisseurs ou les nouveaux concurrents.