Armes chimiques
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L'Irak a recouru aux armes chimiques pour
la première fois en 1983. Pendant la guerre qui
l'a opposé à l'Iran (1982-1988), les avions
ont notamment largué des gaz moutarde, qui causent
des brûlures sur la peau et sur les voies respiratoires,
et des gaz neurotoxiques, comme le tabun, qui affectent
le système nerveux. L'attaque contre Al Faw,
en 1986, a été particulièrement
meurtrière : les gaz de combat ont fait entre
8000 et 10000 victimes. Les dirigeants irakiens n'ont
pas davantage hésité à utiliser
des armes chimiques contre des segments de la population
irakienne. Au nord du territoire, des milliers d'Irakiens
de minorité kurde ont succombé au gaz
moutarde et aux gaz neurotoxiques largués par
les bombardiers en 1987 et en 1988. En mars 1988, 5000
Kurdes du village de Halabja sont morts asphyxiés
au cours des opérations militaires irakiennes.
Aucune arme chimique n'a toutefois été
utilisée pendant la guerre du Golfe, trois ans
plus tard. Mais, peu après la fin des bombardements
alliés, la population kurde a de nouveau été
victime des armes chimiques, alors que la communauté
internationale restait inactive.
En août 1988, à 11 voix contre
8, la sous-commission des droits de l'homme des Nations
unies n'a pas jugé que l'Irak devait être
condamné pour violation des droits de la personne.
Les révélations faites à
la suite de la résolution 687 ont permis de découvrir
des quantités d'armes chimiques supérieures
aux prévisions. Gaz innervants, sarin, tabun,
gaz moutarde, roquettes chargées de gaz sarin,
obus chimiques, têtes de missile au gaz sarin :
en tout, l'UNSCOM (Commission spéciale des Nations
unies) a détruit quelque 38 000 bombes et
obus chimiques, 690 tonnes d'agents chimiques et plus
de 3000 tonnes de produits chimiques précurseurs,
30 ogives chimiques, 426 pièces d'équipement
de production d'armes chimiques et 91 pièces
d'instruments d'analyse reliés à l'armement
chimique.
En 1998, les inspecteurs de l'ONU ont dit
avoir découvert sur des têtes de missiles
Scud la trace d'un agent neurotoxique dérivé
d'engrais ou d'insecticides, le VX. Cette affirmation
est démentie par l'Irak. Les experts occidentaux
estiment que l'Irak possède encore aujourd'hui
suffisamment de produits chimiques pour produire des
tonnes de gaz comme le VX et le gaz moutarde. Le Center
for Nonproliferation Studies, situé aux États-Unis,
estime que l'Irak pourrait détenir des munitions
chimiques, incluant au moins 25 têtes de missiles
balistiques al-Hussein équipés d'armes
chimiques ou biologiques, 2000 bombes aériennes,
entre 15 000 et 25 000 roquettes et 15 000
obus d'artillerie. Selon les Américains, l'Irak
a reconstruit certaines de ses infrastructures de production
chimique en prétextant un usage commercial. L'Irak
n'a toujours pas signé la Convention sur les
armes chimiques.
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Liens :
La
menace terroriste
(dossier de Radio-Canada.ca
qui explique les armements biologique, chimique et nucléaire)
UNSCOM
(ancienne commission de l'ONU chargée du désarmement
de l'Irak; inclut des rapports et une chronologie des
événements)
Center
for Nonproliferation Studies
(page d'un centre américain
qui fournit des données sur les armes de destruction
massive que possèderait l'Irak)
If
We Fight Iraq : Iraq and its Weapons of Mass Destruction
(document du Center for
Strategic and International Studies (CSIS), situé aux
États-Unis)
Guerre
chimique et biologique : toxicologie et mesures d'urgence
(bulletin d'information
toxicologique du Centre de toxicologie du Québec; explique
différents agents biologiques et chimiques)
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